Convention collective nationale des sociétés concessionnaires ou exploitantes d'autoroutes ou d'ouvrages routiers du 27 juin 2006
Préambule
Le secteur de la concession et de l’exploitation d’autoroutes et d’ouvrages routiers emploie près de 20 000 salariés en France.
Pour des raisons qui tiennent essentiellement à l’histoire, ce secteur n’était pas doté jusqu’à présent d’une convention collective de branche, alors qu’une majorité de sociétés œuvrant dans ce domaine avaient par ailleurs, et de longue date, conclu des conventions et / ou des accords d’entreprise.
Or, compte tenu des profondes mutations intervenues depuis quelques années dans ce secteur professionnel, il est apparu que cette situation n’était plus adaptée aux besoins des sociétés, à l’évolution prévisible de la profession et aux souhaits des organisations syndicales de salariés.
Dans ce contexte, 9 entreprises ont créé, en juillet 2003, le Syndicat professionnel des sociétés concessionnaires ou exploitantes d’autoroutes ou d’ouvrages routiers. Deux autres sociétés ont adhéré, en janvier 2005, à ce syndicat professionnel, qui regroupe ainsi la quasi-totalité des entreprises du secteur professionnel et l’essentiel de ses effectifs.
Le Syndicat professionnel d’employeurs s’était fixé comme objectif majeur la conclusion d’une convention collective de branche couvrant le secteur de la concession et de l’exploitation d’autoroutes et d’ouvrages routiers, en vue de son extension par le ministre du travail. Cet objectif était partagé par toutes les organisations syndicales de salariés représentatives dans ce secteur professionnel.
Dans un premier temps, une négociation a été engagée, portant sur le fonctionnement de la commission paritaire chargée d’élaborer cette convention de branche. A l’issue de plusieurs réunions, un protocole d’accord a été conclu le 11 mars 2004 avec les 8 organisations syndicales de salariés représentatives dans le secteur professionnel, qui avaient été conviées à la table des négociations ; ce protocole initial a fait l’objet par la suite de 5 avenants de prorogation.
Puis, dans un deuxième temps, s’est engagée la négociation relative à la convention de branche proprement dite. Au titre de l’article 1er de cette future convention collective, le Syndicat professionnel d’employeurs et 7 organisations syndicales ont conclu, dès le 29 avril 2004, un protocole d’accord concernant le champ d’application de la convention de branche ; ce protocole a fait l’objet d’un arrêté d’extension du ministre du travail en date du 2 mars 2005.
Enfin, à l’issue de 48 réunions de commissions et groupes de travail paritaires qui se sont tenues entre le 11 mars 2004 et le 13 juin 2006, les parties signataires ont convenu de la création de la présente convention collective nationale de branche.
Ainsi, le Syndicat professionnel d’employeurs et les organisations syndicales de salariés signataires ont entendu instituer un ensemble de dispositions qui prennent en compte :
― les fortes traditions de politique contractuelle du secteur ;
― la diversité de la branche professionnelle constituée d’entreprises d’importance très variable et comportant de nombreux métiers ;
― les évolutions permanentes de l’environnement économique, humain et technique de la profession ;
― les attentes et aspirations des salariés.
En conséquence, les parties signataires de la présente convention collective expriment leur volonté partagée de :
― renforcer le rôle d’une branche professionnelle déjà reconnue au plan économique, en créant un nouvel espace de négociation sociale ;
― conforter le cadre collectif au sein duquel les employeurs et les organisations syndicales de salariés, ainsi que les représentants du personnel, pourront développer leurs propres relations sociales ;
― définir un socle de garanties sociales communes à l’ensemble des salariés du secteur professionnel, plus particulièrement pour ceux employés dans les entreprises entrant dans le champ d’application de la présente convention collective et qui ne seraient pas couverts par des accords collectifs, sans, par ailleurs, remettre en cause les dispositions conventionnelles, règles et organisations existantes dans les entreprises de la branche.
Eu égard aux différentes considérations exposées ci-dessus, les parties signataires de la présente convention collective conviennent de demander son extension par le ministre du travail ; dans ce cadre, il est précisé que les articles 10 (Négociation collective dans les entreprises dépourvues de délégué syndical) et 35 (Possibilité de transfert du compte épargne-temps) ne pourront entrer en application qu’après la parution de l’arrêté d’extension.
- THÈME 1er – CHAMP D’APPLICATION ET AUTRES DISPOSITIONS GENERALES (Articles 1 à 10)
- ARTICLE 1 – CHAMP D’APPLICATION
- ARTICLE 2 – PROCÉDURES DE RÉVISION ET DE DÉNONCIATION
- ARTICLE 3 – VALEUR HIÉRARCHIQUE DE LA PRÉSENTE CONVENTION COLLECTIVE
- ARTICLE 4 – COMMISSION NATIONALE PARITAIRE D’INTERPRÉTATION
- ARTICLE 5 – COMMISSION NATIONALE PARITAIRE DE CONCILIATION
- ARTICLE 6 – OBSERVATOIRE NATIONAL PARITAIRE DE LA NÉGOCIATION COLLECTIVE
- ARTICLE 7 – COMMISSIONS PARITAIRES DE NÉGOCIATION ET GROUPE DE TRAVAIL PARITAIRES DE BRANCHE
- ARTICLE 8 – CONDITIONS D’EXERCICE DES MANDATS DE REPRÉSENTATION AU NIVEAU DE LA BRANCHE
- ARTICLE 9 – MODALITÉS DE PRISE EN COMPTE DANS LA BRANCHE OU L’ENTREPRISE DES DEMANDES RELATIVENT AUX THÈMES DE NÉGOCIATION ÉMANANT D’UNE OU DES ORGANISATIONS SYNDICALES DE SALARIÉS REPRÉSENTATIVES
- ARTICLE 10 – NÉGOCIATION COLLECTIVE DANS LES ENTREPRISES DEPOURVUES DE DÉLÉGUÉ SYNDICAL
- THÈME 2 – LIBERTÉ D’OPINION, DROIT SYNDICAL, REPRÉSENTANT DU PERSONNEL (Articles 11 à 17)
- ARTICLE 11 – LIBERTÉ D’OPINION ET PRINCIPES RELATIFS AU LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL
- ARTICLE 12 – MODALITÉS D’EXERCICE DE L’ACTION SYNDICALE
- ARTICLE 13 – DÉROULEMENT DE CARRIÈRE DES SALARIÉS EXERÇANT DES RESPONSABILITÉS SYNDICALES ET EXERCICE DE LEURS FONCTIONS
- ARTICLE 14 – DÉLÉGUÉS DU PERSONNEL
- ARTICLE 15 – COMITÉS D’ENTREPRISE ET D’ÉTABLISSEMENT
- ARTICLE 16 – COMITÉ D’HYGIÈNE, DE SÉCURITÉ ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL (CHSCT)
- ARTICLE 17 – CONDITIONS D’INFORMATION DES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL SUR LE DROIT CONVENTIONNEL APPLICABLE DANS L’ENTREPRISE ET L’ÉTABLISSEMENT
- THÈME 3 – CONCLUSION DU CONTRAT DE TRAVAIL (Articles 18 à 20)
- THÈME 4 – CONDITIONS D’EXÉCUTION DU CONTRAT DE TRAVAIL (Articles 21 à 32)
- ARTICLE 21 – DURÉE DU TRAVAIL
- ARTICLE 22 – TRAVAIL EN ÉQUIPES SUCCESSIVES
- ARTICLE 23 – HEURES SUPPLÉMENTAIRES
- ARTICLE 24 – TRAVAIL DE NUIT
- ARTICLE 25 – TRAVAIL DU DIMANCHE
- ARTICLE 26 – TRAVAIL DES JOURS FÉRIÉS
- ARTICLE 27 – ASTREINTE
- ARTICLE 28 – CONDITIONS PARTICULIÈRES DE TRAVAIL DES FEMMES ENCEINTES OU ALLAITANT
